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Recension: J.-C. Bonenfant et l’esprit des institutions

30 avril 2019
Par: 
Stéphanie Boutin

En novembre 2018, les Presses de l’Université Laval ont publié l’ouvrage Jean-Charles Bonenfant et l’esprit des institutions, sous la direction d’Amélie Binette, Patrick Taillon et Guy Laforest. Cet ouvrage retrace le parcours remarquable de ce diplômé de la Faculté de droit de l’Université Laval devenu journaliste puis secrétaire du premier ministre Maurice Duplessis, directeur de la Bibliothèque de l’Assemblée législative du Québec et enfin professeur de droit à l’Université Laval.

Alors que l’œuvre de Jean-Charles Bonenfant est monumentale, l’ouvrage paru récemment a le mérite de regrouper l’essentiel de ses travaux sur l’histoire de la Confédération, le fédéralisme canadien et le parlementarisme québécois. Ses textes les plus importants sur ces sujets sont reproduits, présentés et analysés par des chercheurs provenant de différentes disciplines. La mise en contexte des écrits de Jean-Charles Bonenfant est éclairante et leur analyse est riche. L’ouvrage montre l’importance de la contribution de Jean-Charles Bonenfant à la réflexion sur les institutions politiques au Québec et en quoi ses idées conservent leur pertinence aujourd’hui.

La première partie de l’ouvrage s’intéresse à Jean-Charles Bonenfant en tant qu’intellectuel. La deuxième partie porte sur le fédéralisme et le partage des compétences alors que la troisième partie traite des institutions parlementaires. Sans reprendre l’ensemble des textes, voici quelques points saillants de l’ouvrage.

Dans l’introduction de l’ouvrage, Amélie Binette, Patrick Taillon et Guy Laforest font une remarquable synthèse de l’œuvre de Jean-Charles Bonenfant. Jacques Beauchemin et Jean Leclair mettent ensuite en évidence le regard critique qu’il porte sur le nationalisme et sa préférence pour un fédéralisme renouvelé. Valérie Lapointe-Gagnon explique plus loin que le fédéralisme canadien est vu par Jean-Charles Bonenfant comme un « mariage de raison » entre les Canadiens français et les Canadiens anglais.

Le texte rédigé par Stéphane Bernatchez porte sur le malaise, voire la méfiance éprouvés par Jean-Charles Bonenfant à l’égard de la Cour suprême du Canada et sa crainte d’un « gouvernement des juges ». Selon Jean-Charles Bonenfant, le législateur doit intervenir lorsque les décisions de la Cour suprême ne lui conviennent pas. Les solutions proposées par la Cour suprême peuvent ainsi être écartées par le législateur, car le dernier mot lui revient.

Dans son texte, Patrick Taillon tente de trouver la clé pour concilier les quelques prises de position centralisatrices de Jean-Charles Bonenfant avec celles plus favorables aux intérêts du Québec et des provinces.

Pour sa part, Magali Paquin dresse un portrait des réformes parlementaires québécoises auxquelles a participé Jean-Charles Bonenfant, en soulignant sa contribution au remplacement de l’expression « Assemblée législative » par « Assemblée nationale » en 1968, après l’abolition de la Chambre haute, et à la refonte du règlement de l’Assemblée nationale, passé de 812 articles à 179 articles en 1973.

Les passionnés d’histoire, de politique et de droit constitutionnel apprécieront à coup sûr la façon dont l’ouvrage fait revivre les travaux de Jean-Charles Bonenfant. Cette lecture peut être complétée par la visite de l’exposition Jean-Charles Bonenfant et l’esprit des institutions, présentée jusqu’au 24 mai 2019 au premier étage du pavillon Jean-Charles Bonenfant de la Bibliothèque de l’Université Laval. L’exposition porte sur le legs de Jean-Charles Bonenfant à la société québécoise et permet d’en apprendre davantage sur deux thèmes qui lui étaient chers, soit l’histoire du fédéralisme canadien et l’évolution du parlementarisme québécois.

Les archives institutionnelles de l’Université Laval possèdent également un Fonds d’archives sur Jean-Charles Bonenfant (P120). On y trouve notamment de la correspondance échangée entre Jean-Charles Bonenfant et Louis-Philippe Pigeon entre 1961 et 1967. À cette époque, Louis-Philippe Pigeon est conseiller juridique du Cabinet du premier ministre Jean Lesage alors que Jean-Charles Bonenfant est conservateur de la Bibliothèque législative. Ce dernier prépare alors des notes de recherche pour Louis-Philippe Pigeon. Si cela pique votre curiosité, il est possible de consulter le Fonds P120, sur rendez-vous, à l’Université Laval: archives.historiques@sg.ulaval.ca.

 

Pour commander l’ouvrage.

 

Table des matières

INTRODUCTION (p. 1)

« L’esprit » Bonenfant

Patrick Taillon, Amélie Binette et Guy Laforest

NOTE AU LECTEUR (p. 31)

NOTE BIOGRAPHIQUE (p. 33)

 

PARTIE I

JEAN-CHARLES BONENFANT, L’INTELLECTUEL

Bonenfant, Jean-Charles (1912-1977) (p. 41)

Bjarne Melkevik

Modération et pragmatisme (p. 45)

Pierres d’assise de la pensée fédérale et constitutionnelle de Jean-Charles Bonenfant

Jean Leclair

Jean-Charles Bonenfantm et la tradition politique québécoise (p. 81)

Jacques Beauchemin

Refonder le « mariage de raison » canadien sur de nouvelles assises (p. 95)

Jean-Charles Bonenfant et sa génération

Valérie Lapointe-Gagnon

La question de Jean-Charles Bonenfant (p. 113)

Martin Pâquet

Jean-Charles Bonenfant et l’enseignement du droit romain ( p. 121)

Sylvio Normand

Jean-Charles Bonenfant, le chroniqueur (p. 131)

François-Olivier Dorais

 

PARTIE II

LE FÉDÉRALISME

sous-section A Le fédéralisme de 1867

La Constitution de 1867 (p. 153)

La reconnaissance des Canadiens français comme acteurs constituants

Jean Leclair

L’esprit de 1867 (p. 163)

Jean-Charles Bonenfant

Le Québec et la naissance de la Confédération canadienne (p. 183)

Jean-Charles Bonenfant

Le Canada et les hommes politiques de 1867 (p.189)

Jean-Charles Bonenfant

George-Étienne Cartier, juriste (p. 211)

Jean-Charles Bonenfant

Les craintes de la minorité anglo-protestante du Québec de 1864 à 1867 (p.225)

Jean-Charles Bonenfant

 

Sous-section B L’évolution du fédéralisme canadien

La sempiternelle crainte du gouvernement des juges (p.247)

Stéphane Bernatchez

La Cour suprême et le partage des compétences (p. 251)

Jean-Charles Bonenfant

Un sursaut de fédéralisme centralisateur (p.273)

Bonenfant et le partage de la compétence de mise en oeuvre des traités au Canada

Julien Fournier

L’étanchéité de l’A.A.N.B. est-elle menacée ? (p. 277)

Jean-Charles Bonenfant

Le fédéralisme de participation et l’urgence de réinventer les institutions fédérales (p. 293)

Patrick Taillon

La république des maquignons (p. 301)

Jean-Charles Bonenfant

PARTIE III

LES INSTITUTIONS PARLEMENTAIRES

Un publiciste technophile nommé Jean-Charles Bonenfant (p. 311)

Marc Chevrier

L’évolution du statut de l’homme politique canadien-français (p. 321) 

Jean-Charles Bonenfant

Jean-Charles Bonenfant, artisan de la modernité parlementaire au Québec (p. 333)

Magali Paquin

De Westminster à Québec  (p. 353)

Jean-Charles Bonenfant

« Des mots, des mots, des mots » (p. 361)

Jean-Charles Bonenfant

Quelques observations sur « La vocation manquée du Sénat canadien »  (p. 367)

Noura Karazivan

La vocation manquée du Sénat canadien (p. 373)

Jean-Charles Bonenfant

ANNEXE (p. 411)

Bibliographie de Jean-Charles Bonenfant

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